Laurier VS Trudeau












 
Les crises concernant les droits linguistiques ont bien souvent constitués pour Wilfrid Laurier et Pierre Trudeau, des défis à relever. En effet, la question des droits linguistiques a toujours été au Canada un thème sensible et source de division. Bien souvent associé à la religion, un autre thème fâcheux, la langue était et est toujours, un symbole d’appartenance à un certain groupe. Ainsi, en étant francophone on était automatiquement associé aux Canadiens-Français et de surcroit aux catholiques. Et en étant anglophone on portait deux autres étiquettes : celle d’Anglais et celle de protestant. Wilfrid Laurier et Pierre Trudeau étaient tous deux francophones et par conséquent ils étaient attendus par la population qu’en montant au pouvoir, ils viennent soutenir et défendre la cause des Canadiens-Français catholiques. Cependant, en tant que Premier ministre du Canada, ils se devaient d’être impartiaux et d’adopter la voie qui satisferait les deux partis. Ainsi nous allons, dans cette section, comparer la politique de gestion de la question des droits linguistiques adoptée par Wilfrid Laurier et Pierre Trudeau lors de la mise en place de l’Accord Laurier-Greenway et de la Loi sur les Langues Officielles.

Contrairement à Wilfrid Laurier, Pierre E. Trudeau ne débuta pas son mandat de Premier ministre en tant que potentiel héros de la cause des francophones catholiques, dans la crise des écoles du Manitoba; cependant sa vision du Canada s’apparente en certains points à celle de Laurier. En effet ces deux hommes politiques imaginaient un Canada où francophones et anglophones, catholiques et protestants, pourraient cohabiter ensemble et être unis comme une seule et même nation. Il est vrai que ce rêve était certainement plus difficile à concevoir à l’époque de Laurier, durant laquelle les tensions internes étaient plus vives. Cependant, le charisme et les honorables desseins de ces deux hommes leur ont permis de conserver la confiance de leur parti politique et de la Chambre des Communes, pour pouvoir mettre en place les réformes qui aidèrent à unifier le pays.

Nous allons nous focaliser sur deux des principales réformes qui furent mises en place lors des différents mandats de Pierre E. Trudeau et de Wilfrid Laurier : l’Accord Laurier-Greenway et la Loi sur les Langues Officielles. Comme évoqué précédemment, ces hommes avaient à cœur de faire naitre une unité nationale dans le Canada et il est important de noter que leurs efforts pour y arriver ont inclus un rassemblement de la population autour des deux langues majoritaires : le français et l’anglais. L’Accord Laurier-Greenway est arrivé comme un effort d’apaisement des tensions qui s’étaient levées après la mise en vigueur de la Loi sur les écoles du Manitoba. Cet accord était en effet un compromis après les élections fédérales de juin 1896 entre Laurier et Greenway. L’accord permit l’instruction de cours dans une langue autre que l’anglais pendant trente minutes dans la journée ainsi que l’enseignement de cours de religion catholique; tout en maintenant l’abolition des subventions et de l’usage du français comme langue officielle de la province. De même, la LLO (Loi sur les Langues Officielles), en établissant l’anglais et le français comme les deux langues officielles du Canada, cherche à placer les deux langues et par extension, les deux peuples sur un même pied d’égalité. Une telle loi n’aurait pas pu être instaurée au temps de Laurier; en effet les blessures du joug anglais et du Rapport Durham étaient encore trop vives, l’idée que leur culture domine était encore trop présente chez les Anglais. Trudeau, à travers la LLO pousse l’idée d’un Canada où anglophones et francophones seraient également servis dans leur langue maternelle à un autre extrême. En effet la Loi sur les Langues Officielles indique que la promotion de la langue minorité, dans les services fédéraux du moins, relève du devoir de l’autorité provinciale et le Commissaire aux langues officielles est chargé de veiller à ce que cette close de la LLO soit respectée. L’idée est que non seulement la province dont prendre en compte les besoins de la minorité de langue mais également la promouvoir. Laurier n’a pas eu la ténacité politique de procurer des assemblées légales aux droits scolaires de la minorité c’est-à-dire les français catholiques. L’Accord Laurier-Greenway  n’a ni amélioré ce qui existait déjà dans les faits au Manitoba ni assuré une protection légale à l’éducation catholique ni aux revendications. Ainsi la LLO constitue certainement une grande avancée faite depuis l’Accord Laurier-Greenway.